Montres
Produit 2019
Homme, Femme

SUUNTO9 Baro

Nous avions été déçus par la Suunto Spartan Ultra, sortie trop tôt ; un produit qui souffrait d’un développement non finalisé comportant de nombreux bugs. Nous avions d’ailleurs publié un essai sans concessions (http://www.test4outside.com/produit/suunto-spartan-ultra/). Depuis, pour être honnêtes, Suunto, au fil des mises à jour a largement corrigé le tir et la montre fonctionne sans problème. Nous attendions donc avec impatience le test du flagship outdoor Suunto, la S9 Baro.

 

 

Cette montre est indéniablement un très bel objet au design réussi, le mariage entre une pointe de classicisme et de sportivité. Toujours au chapitre des premières impressions, on retrouve le gabarit impressionnant d’une Suunto Spartan Ultra. Le poids constaté sur la balance est quasi identique : 80 grammes pour la S9 Baro et 77 grammes pour la Spartan Ultra (sans la ceinture cardio). A la fois esthétiquement et aussi quand on plonge dans les menus, on a la sensation d’avoir au poignet une déclinaison de Spartan. La différence se joue à l’intérieur, c’est ce que nous allons détailler au travers de ce test terrain.

 

 

DIFFÉRENTS NIVEAUX DE PERFORMANCE

Il est très délicat de tester ce genre de produit car, au delà de la complexité des menus et des multiples personnalisations, il faut considérer tout le spectre des publics visés par Suunto. L’expert ou le sportif régulier ne supportent pas la présence du décompte des pas, le nombre de calories journalières brûlées ou la fréquence cardiaque journalière… toutes ces données considérées comme des gadgets qui ne servent à aucune analyse de performance. D’un autre côté, certains publics, sans doute moins aguerris, partent du principe que ces indications doivent faire partie intégrante d’une montre qui coute quasiment 600 euros. Hors de questions que ces infos soient absentes alors que le moindre bracelet connecté les propose. C’est aussi dans l’air du temps puisqu’Apple avec sa Watch le propose. Il faut donc, pour juger la Suunto 9 Baro, faire la part des choses. Chaque sportif vient y trouver ce qu’il y cherche pour sa pratique sportive et son niveau.

 

 

 

ERGONOMIE FLUIDE

Suunto a fait des choix, en mixant des fonctions plutôt pointues avec des informations basiques. Les menus sont clairs, bien hiérarchisés et lorsque l’on a saisi la petite gymnastique à faire avec les trois boutons, l’écran tactile, il suffit de compléter ses aptitudes en découvrant que pour certaines infos, il suffit de tapoter l’écran une fois pour faire apparaitre une autre page. Dans cet esprit, nous avons, par exemple, un peu cherché l’indication du temps de récupération, suite à plusieurs entrainements successifs. Trois pressions sur le bouton du bas, et une tape sur l’écran et voilà que cette donnée apparaît. C’est simple… quand on le sait. La notice en ligne ou téléchargeable en pdf est en effet assez basique.

 

L’objet de ce test n’est pas de retranscrire les spécificités de la Suunto 9 Baro que l’on trouve sur le site de la marque, qui ont été largement reprises sur de multiples blogs. Ce qui nous intéresse c’est son efficacité sur le terrain, notamment en entrainement et pour des pratiques outdoor en général.

 

 

GESTION INTELLIGENTE DE LA BATTERIE

Le gros progrès concerne la gestion de la batterie et l’apparition de la puce GPS Sony vraiment économe en énergie par rapport à celle présente dans une Suunto Spartan. Il s’agit de la même batterie que celle de la Spartan Sport (plus petite que celle de la Spartan Ultra) et pourtant, grâce à cette nouvelle puce, la gestion de la consommation d’énergie a été grandement optimisée.

 

Sur le papier, Suunto annonce une autonomie de 25 heures en mode Performance et 120 heures en Ultra. On peut donc choisir sur chaque exercice un type de mode afin d’ajuster la finesse du GPS (et donc la durée de la batterie). Au cours de l’exercice, la montre indique si la charge de la batterie et averti si elle doit être chargée. En passant, l’icône de charge se trouve dès le deuxième écran, il suffit de cliquer une fois sur le bouton du milieu.

 

 

Malgré cette technologie embarquée, nous avons eu l’impression que la Suunto 9 Baro demandait à être chargée souvent, un peu trop souvent… En cherchant un peu, en se renseignant auprès de la marque, on nous a donné l’explication suivante : dès que la fréquence cardiaque journalière est activée, la consommation d’énergie augmente… diminuant l’autonomie, CQFD. Les LEDS utilisées pour la mesure de la FC sont énergivores. Donc, notre conseil : il faut zapper et désactiver cette fonction si l’on veut optimiser la durabilité de la montre. Autre avantage à cette manipulation, on coupe le faisceau de lumière verte qui émane de dessous la montre, un peu pénible en pleine nuit quand la montre est posée sur la table de chevet ou au cinéma quand une lueur verte se faufile au niveau du poignet…

Mais revenons aux performances de la batterie. Dans l’action, et notamment en longues distances, le gain est (très) appréciable. On est assuré d’enregistrer son exercice et/ou de pouvoir utiliser la montre en orientation.

 

PRÉCISION GPS

En matière de précision GPS, et donc d’exactitude de la trace (dont découle la distance mesurée), il faut nuancer selon les sports. En course à pied et trail, l’algorithme FusedTrack qui combine les données GPS et du capteur de mouvement, est automatiquement activé. Il donne des traces précises. En vélo, c’est différent, notamment par rapport à la Spartan qui est plus précise car elle fait plus de captations GPS. Pour être plus clair : la Suunto 9 exploite les données du FusedTrack uniquement en trail et course à pied en mode « Endurance » ou « Ultra ». Le FusedTrack utilise les mouvements du poignet et le compas pour reconstruire la trace entre deux points GPS, ce qui n’est pas possible en vélo.

Du coup, en cyclisme, la Suunto 9 en mode Endurance fait un relevé GPS chaque minute (1 relevé par seconde sur la Spartan). En mode « Ultra », le GPS de la Suunto 9 fait une captation toutes les deux minutes, pour une prise par minute sur la Spartan. Au final, la trace vélo de la Suunto 9 est globalement moins précise que celle de la Spartan…

On peut jouer sur trois modes de précision GPS (et donc de durabilité de la batterie). Dans l’ordre : « Performances » pour qualité maximale, « Endurance » pour une autonomie prolongée et « Ultra » pour une autonomie maximale. En mode « Endurance » le relevé GPS se fait toutes les minutes, en « Ultra », toutes les deux minutes.

Quand on se penche sur les traces trail et course à pied, franchement, la précision est très bonne, nous n’avons pas noté de distorsions.

 

TRIATHLON, NATATION & SWIMRUN

La Suunto 9 Baro, comme la Spartan s’adresse également à un public de triathlètes et de swimrunners. Les deux exercices intitulés « Natation en piscine » et « Natation en eau libre » sont donc des programmes très prisés. Pour le premier, le GPS n’est pas actif, car on nage en intérieur et les mesures se font via les mouvements de poignets. Ce qui explique que malheureusement, toutes les parties comprenant des battements de pieds avec planche, rattrapé une main (celle qui ne porte pas la montre par exemple !) ne soient pas comptabilisées dans le total de la séance. Inversement, quand on nage en eau libre, le GPS est actif. Il est recommandé de faire une synchronisation avec la Suunto App avant la séance, afin de capter les satellites le plus précisément possible. Dans les deux cas, en intérieur et extérieur, les performances de la Suunto 9 Baro sont bonnes, toutes les nages sont prises en compte, on a accès au Swolf, à l’allure…

 

 

La montre, malgré son poids conséquent, ne se fait pas sentir au poignet. Quand on nage en combinaison, suivant le matériel que l’on utilise, il n’est pas forcément aisé de glisser le gabarit de la Suunto 9 Baro sous le néoprène, mais en général, les manches de la combinaison de triathlon sont bien plus courtes et s’arrêtent au dessus du poignet. Attention au cours des transitions, de ne pas faire un accroc dans le néoprène souple (et très fin dans cette zone) avec les boutons de la montre quand on quitte la combinaison de manière précipitée. Ces boutons ne présentent plus cette petite « friction » notée sur la Spartan, lorsqu’on les actionnait : c’est désormais fluide.

Autre détail, le bracelet. Sur la Spartan, le surplus de bracelet ne restait pas bloqué malgré les deux passants. Après quelques longueurs, il se défaisait. Ce n’est plus le cas sur la Suunto 9 Baro. La marque a pris soin de cranter le bracelet et de munir les passants de picots antiglisse.

 

 

On l’a vu, la fréquence cardiaque au poignet ne marche pas en natation. Si l’on veut avoir accès à cette donnée, il faut appairer la montre à une ceinture comme la Suunto Smart Sensor ou n’importe quel modèle bluetooth.

 

La marque Suunto dont le siège scandinave est en Finlande, est immanquablement sensibilisée au développement du swimrun (pratique populaire), pourtant la montre ne propose pas de programme dédié.

 

 

FC AU POIGNET

Le jour où les capteurs optiques des montres (toutes marques confondues) seront à la fois fiables et précis, on aura fait un grand bond en avant. On croyait s’être débarrassés des ceintures cardio. Pour l’heure, les mesures qu’ils donnent ne sont que de simples indications car trop sujettes à variations. C’est également le cas de la Suunto 9 Baro. Les chiffres annoncés sont dans le pire des cas fantaisistes et dans le meilleur des cas, proches de la réalité avec un pourcentage d’erreur (en plus et moins) de 20 %. Les capteurs disposés sous la montre n’aiment pas, en effet : les vibrations de la main sur le vélo, le froid (afflux sanguin limité), l’eau (inefficace en natation). Les poils, certaines couleurs de peau n’aident pas non plus à la captation d’informations qui se fait par des LEDS. Une lumière verte est envoyée dans le derme où se trouve un afflux de sang. Le sang reflète cette lumière saisie par le capteur optique qui va l’analyser et déterminer la FC.

 

 

A l’usage, la Suunto 9 Baro affiche des données erratiques lors des premières minutes d’entrainement. Puis elles se stabilisent et s’approchent de celles d’une ceinture cardio (nous avons fait le test). Si la montre donne une information globale, notamment quand elle fait des moyennes, en mesure instantanées, les données sont peu exploitables pour un entrainement. Elles donnent simplement une tendance.

 

ENTRAINEMENT ET POI…

La Suunto 9 Baro s’adresse à des sportifs dont la dimension de l’entrainement est primordiale. Sur la Spartan, on pouvait planifier ses entrainements. Cette fonctionnalité a disparu sur la Suunto 9 Baro si on utilise l’application Suunto (par Movescount on peut planifier ses entrainements). Lors des séances définies ou non par un coach (la relation Suunto / Trainingpeaks est fluide), il y a le passage obligé constitué par le fractionné. Les intervalles en pyramide ne sont pas prévus dans la configuration. Pour les autres fractionnés, ils sont configurables sur la montre mais pas sur l’application Suunto (pour transfert ensuite sur la montre).

 

L’autre manque concerne les POI (Points d’intérêt), des informations importantes en matière d’orientation que l’on souhaite ajouter ou atteindre. On ne peut pas programmer un POI sur la montre. Par exemple, si sur le terrain, on souhaite entrer un point et l’atteindre, ce n’est pas possible. Sur la Spartan, on pouvait entrer un POI à la main directement sur la montre.

Quand on veut tracer un itinéraire et l’exploiter sur la montre, on doit passer par l’application Suunto. Le tracé se fait par segments et l’on ne peut pas entrer de commentaires sur les POI. Dommage, car en montagne, sur des ultras, quelques indications entrées au préalable peuvent être précieuses. La parade : passer par Movescount (qui va disparaître dans un an).

Pour le reste, la montre propose des prestations classiques et efficaces : précision GPS, trackback, altimètre (barométrique et GPS), alerte orage, lever et coucher soleil, baromètre, boussole numérique…

 

 

 

MOVESCOUNT VS SUUNTO APP ?

Actuellement Suunto fait cohabiter Movescount et la (presque) nouvelle application Suunto. Pour des personnes migrant d’une Spartan par exemple à une Suunto 9 Baro, il faut choisir soit l’une, soit l’autre. Movescount devrait disparaître d’ici un an, le choix est vite fait. Les deux services ne sont pas liés, on ne retrouve donc pas ses moves Movescount sur l’Application Suunto. Si on veut les récupérer et les lire sur l’application, il faut se rendre sur le site Sportrackers, créer un compte. Il faut ensuite lier le compte Movescount à Sportracker. Douze heures plus tard, il faut installer la Suunto App et se logger sur le compte Sportracker : l’historique Movescount est alors présent et accessible.

 

 

A savoir, pour les utilisateurs qui ont essuyé le bug qui provoque des plantages sur son smart phone si on a chargé Movescount et Suunto app : celui-ci vient d’être modifié sur l’actuelle mise à jour.

La marque finlandaise a choisi de ne plus être présente sur desktop (sauf à utiliser Movescount voué à disparaître), puisque l’application n’a pas de version ordinateur, tout passe donc par son téléphone.

Si tracer un itinéraire est relativement aisé sur l’application, on ne bénéficie tout de même pas du confort d’un grand écran. La parade consiste, pour le moment, et en attendant la suppression de Movescount, d’utiliser ce dernier (ou Openrunner par exemple) sur son ordinateur, d’enregistrer le ficher gpx, puis de le transférer sur son smart phone via Airdrop pour ceux qui utilisent l’IOS Apple. Il faut ensuite accepter d’ouvrir le fichier via l’application Suunto. A quand une lecture, une programmation de ses moves sur écran d’ordinateur ?

 

 

 

DÉTAILS IMPORTANTS

Nous avons très apprécié le fait que toutes les synchronisations de la montre se fassent sans aucun souci. Les infos passent rapidement de la montre au smart phone et inversement. Toutes les connections avec des appareils tiers comme des capteurs de puissance sont également d’une simplicité enfantine.

Alors que nous avions noté une certaine faiblesse des vibrations de la Spartan, notamment quand on est en action, la Suunto 9 Baro a corrigé le tir. Les vibrations au poignet qui annoncent des informations sont, plus puissantes et ne passent plus inaperçues. L’idéal serait de pouvoir régler soi-même l’intensité.

 

Enfin, c’est désormais classique sur les montres connectées, mais le fait de recevoir des notifications de son smartphone est très pratique, notamment lorsque l’on skie : on évite de quitter son gant, de sortir son téléphone de la poche voire de le faire tomber du télésiège ! Il suffit de jeter un œil à son poignet.

 

 

La Suunto 9 Baro est une montre solide, dotée d’une excellente gestion de batterie. Ce bel objet performant offre une polyvalence intéressante aux sportifs outdoor, qu’ils soient trailers, triathlètes, cyclistes. Il reste quelques points à améliorer au chapitre « entrainement » et « orientation » pour que le tableau soit parfait.

 

 

 

"La Suunto 9 Baro est une montre solide, dotée d’une excellente gestion de batterie. Ce bel objet performant offre une polyvalence intéressante aux sportifs outdoor, qu’ils soient trailers, triathlètes, cyclistes. Il reste quelques points à améliorer au chapitre « entrainement » et « orientation » pour que le tableau soit parfait."

Notes

  • 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
  • ERGONOMIE
    8
  • PRÉCISION GPS
    9
  • FRÉQUENCE cardiaque
    6
  • INTERVAL TRAINING
    5
  • SYNCHRONISATION PC
    9
  • AUTONOMIE batterie
    9
  • MODE D’EMPLOI
    7

Prix : 599

Poids

80

Note globale

7.57

TEST LONGUE DUREE

juin 2019

Nous avons utilisé cet équipement sur une longue période de temps
Voici ce que nous pensons après une utilisation intensive :

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