ALPSMAN : l’extrême XXL !
L’Alpsman Xtrem s’est disputé autour du lac d’Annecy. L’un des triathlons XXL les plus durs de la planète : 3,8 km en natation, 180 km en vélo et 42 km en course à pied. Fou, démesuré, gigantesque, incroyable, inhumain, inimaginable… les qualificatifs ne peuvent décrire cette épreuve d’exception. Test4outside a suivi l’Alpsman Xtrem pour essayer de percer (un peu) le secret de ces athlètes d’apparence invulnérables…
Texte et photos Franck Oddoux
Il y a 20 ans, il suffisait de courir un marathon pour être la star de son village. Puis vint le triathlon avec le mythique Iron Man et son cortège d’images de coureurs suant la douleur. Final en rampant, parfois tripes dehors. On pensait avoir atteint une limite aux performances physiques…
Mais les hommes sont faits de fer. Ils sont d’un moral inoxydable quand il s’agit de s’inventer des supplices de Tantal : devoir franchir une ligne d’arrivée qui semble toujours s’éloigner. Des esprits retords ont créé les triathlons XXL. Disons le franchement, ces courses méritent bien leur appellation d’épreuves extrêmes même si ce terme est parfois galvaudé par le marketing sportif en quête d’un vocable ronflant. L’Alpsman appartient au cercle très restreint des triathlons qui font peur et qui attirent irrémédiablement. Une addiction vénéneuse à l’effort ultra long.
Au delà de l’imaginable…
L’imaginaire des triathlètes a dépassé le cadre de l’Iron Man pour rêver du Norseman où l’on se jette d’un bateau en pleine nuit dans les eaux gelées d’un fjord norvégien, pour s’imaginer sur le parcours de l’Evergreen du côté de Chamonix avec un final trail running en pleine nuit, en altitude…
Toutes ces épreuves ont en commun un kilométrage compteur au delà de l’imaginable (raisonnable ?). Pour l’Alpsman, c’est 3,8 kilomètres de natation dans le lac d’Annecy, 180 de cols, du Semnoz aux Bauges, et 42 kilomètres de course à pied, avec une montée facultative en trail au sommet du Semnoz. On achève bien les chevaux ?
Et les forces s’évaporent…
Et pourtant le pouvoir d’attraction du Alpsman ne cesse de grandir au fil des ans. Pour cette édition 2017, on compte le double de participants : 235 hommes et 12 femmes au caractère plus que trempé. Des athlètes indéniablement, des extrémistes : pas sur. Toutes et tous connaissent leurs limites, leurs failles et le degré de force intérieure qui leur permet d’avaler les kilomètres dans l’eau et sur terre. Mais parmi ces sportifs d’exception, personne ne peut dire à quel moment « le mur », « le dur » va arriver sur le parcours. Ce moment tant redouté où les forces s’évaporent, où l’esprit n’a plus prise sur rien, où même lui se permet de douter de lui même : spirale déflationniste. Je pense donc j’avance : si je peux… L’enjeu de l’Alpsman est de surmonter sa part d’inconnu et de distiller son énergie vitale, pas après pas, comme un fluide précieux.
Cédric Jacquot king of the lake
A ce jeu, Cédric Jacquot est un expert, lui qui participe à peu de courses mais qui possède un beau palmarès en triathlon. Vainqueur déjà l’an dernier du Alpsman, il a à nouveau dominé la course du haut de son petit gabarit. Ses jambes de feu lui ont offert 38 minutes d’avance sur son poursuivant Gabin Mantulet (Thierry Balbec 3ème). Cédric Jacquot a mis 12 heures 9 minutes pour boucler le parcours. 9 heures plus tard, le dernier du Alpsman franchisait la ligne d’arrivée à la force de l’esprit. Chez les filles, l’allemande Verena Eisenbarth a elle aussi dominé largement cet Alpsman avec 1h20 d’avance sur Lucie Croissant…
Transamericana avec Rickey Gates


































































































































































































