Montagne
Produit 2018
Homme

Salomon S/Lab Ultra

FIRST

Cette toute nouvelle chaussure de trail Salomon, à peine mise en shop, est déjà un best seller. Les pré-commandes ont tellement été importantes que Salomon a été obligé de lancer une autre production. C’est dire la passion, voire la folie qui règne autour du team et de la marque annécienne. Frôle-t-on la déraison ? Pourquoi un tel emballement au sujet de la S/Lab Ultra ? C’est ce que nous avons essayé de comprendre en courant avec ce produit. Voici nos premières impressions.

 

Tout d’abord, la filiation de ce produit ne vient pas de Kilian Jornet mais d’un autre géant du trail, François d’Hæne que l’on ne présente plus. La genèse de la S/Lab Ultra est issue de son record du GR 20 en Corse. Depuis deux ans et demi, François et les metteurs au point Salomon travaillent sur cette nouvelle chaussure qui tranche par rapport à la S/Lab Sense 6.

 

Dès les premières foulées avec l’Ultra, on note la présence d’un amorti, qui est quasi absent de la S/Lab Sense 6 contraignant le traileur à évoluer en foulée medio ou forefoot.

François D’Hæne a tenu à créer une chaussure qui respecte la dégradation de la foulée d’un coureur d’ultra. C’est à dire ? Au fil des kilomètres et de la fatigue accumulée, même si l’on est un coureur aérien, fin dans ses appuis, l’appui se décale vers l’arrière. L’amorce talon, les chocs sur l’arrière du pied deviennent incontournables. François, en plus d’être champion du monde est aussi kiné, il sait de quoi il parle en matière de sollicitation d’un organisme dans l’effort. Il a donc voulu apporter une réponse à l’évolution des appuis d’un ultra.

 

L’amorti est très bien dosé, suffisant pour soulager les articulations sur des plats très roulants ou en descente engagée. Malgré la filtration, on ne perd pas en énergie, la chaussure renvoie et n’est pas instable latéralement. Sur l’avant du pied, sous les métatarses, l’amorti est quasi absent. Pour autant, il y a de la matière, on ne sent pas les remontées des cailloux, on peut attaquer et poser le pied en toute sérénité.

 

On note également d’emblée le drop de 8 millimètres, 26 à l’arrière et 18 à l’avant. La chaussure est un peu haute mais rien de gênant. On retrouve finalement après la folie du minimalisme (qui a pu faire produire pas mal de blessures si mal interprétée) une cote « académique » pour du long. Là encore, François a voulu une chaussure facilitante à la montée avec ce drop. C’est vérifiable dans l’action, c’est clairement plus confortable qu’un drop mini.

 

Nous avons beaucoup aimé la qualité de la foulée avec cette chaussure rassurante, qui se fait oublier. Amorti et relance, ces deux valeurs ont été mixées avec intelligence sur cette Ultra.

 

Au moment de l’ouverture de la boite de l’Ultra, nous avons été surpris de découvrir 4 ajouts sur la chaussure qui permettent une meilleure répartition de la tension du lacet. Ces 4 sangles ne sont pas sans rappeler ce que New Balance avait adopté sur d’antiques modèles. Si l’effet esthétique n’est pas si glorieux sur la Salomon (même si l’effort d’intégration via une partie du logo Salomon sur la sangle arrière essaie de faire passer la pillule), l’enveloppement du pied est bon. Il ne provoque pas de point dur et la tenue en dévers est de premier ordre. Au delà de la répartition de la pression, ce système apporte aussi une certaine protection à la chaussure, notamment sur l’avant, les frictions ou les chocs épargnent la structure de l’Ultra. La question : la boue, le sable, les petits cailloux peuvent-ils s’immiscer entre la chaussure et les sangles ? Sur l’arrière des sangles oui (petit espaces qui se créent lors des flexions), sur l’avant non : la tension du lacet plaque les sangles contre la chaussure.

 

Le Quicklace Salomon, le laçage rapide est ultra puissant, rapide. Il assure un serrage presque jusqu’à l’avant du pied : ça ne coulisse cependant pas sur les deux derniers œillets. Mais l’enrobement du pied est très bon dans cette zone et le serrage n’est quasiment pas nécessaire. La boucle plastique se range en un clin d’œil (du bout du doigt) dans la pochette prévue à cet effet. Idem pour le surplus de lacet. Une sangle disposée sur la languette facilite l’opération et permet aussi une aide au chaussage. Sur le modèle reçu, elle n’a pas été bien cousue et s’est arrachée.

 

Le pare-pierres est très bien conçu, il cumule de nombreux points positifs : il ne provoque pas d’inertie en bout de chaussure grâce à un poids light, il est intégré au design de l’Ultra, il est composé d’une bi-densité qui respecte la souplesse de l’extrêmité de la chaussure.

 

La semelle possède un crantage polyvalent, qui ne garde pas la boue. Nous n’avons pas pu la tester sur du calcaire mouillé ou autre terrain ultra gras. A la montée, son accroche est bonne et elle se fait oublier sur les parties très roulantes. La rigidité en torsion est bien dosée, on peut être serein en dévers où le mix entre maintien et proprioception est respecté.

 

Son poids, 285 grammes en taille 42 est très correct. On n’a pas de sensation de lourdeur ou de présence marquée.

 

En matière de look, on ne peut pas s’empêcher de dire qu’il est un peu old school : dégradé qui passe du rouge au violet puis noir… Une allure qui ne reflète pas selon nous la qualité de cette chaussure taillée pour les ultras. La qualité perçue est bonne, on note tout de même quelques traces de collage au niveau de la semelle.

 

Un produit bien né, bien étudié, entièrement tourné vers l’efficacité au long cours. Il faudra indéniablement compter avec elle sur les courses. Un produit qui décroche logiquement l’award FIRST test4outside. Un award que nous n’avons pas décerné à la Sense Ultra du fait de son amorti peu présent, contraignant à courir tout le temps forefoot : mais qui en est capable sur un ultra ? Reste le prix de l’Ultra, 180 euros. Sans doute le prix de l’excellence.

 

"Un produit bien né, bien étudié, entièrement tourné vers l’efficacité au long cours. Un produit qui décroche logiquement l’award FIRST test4outside."

Notes

  • 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
  • Maintien du pied
    8
  • Qualité amorti
    9
  • Accroche
    8
  • Assise au sol
    8
  • Pare pierres
    10

Prix : 180

Poids

285
26 mm 18 mm8 mm

Largeur pied

M

TYPE DE PIED

Pronateur Universel Supinateur

Note globale

8.60

TEST LONGUE DUREE

décembre 2018

Nous avons utilisé cet équipement sur une longue période de temps
Voici ce que nous pensons après une utilisation intensive :

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  1. Yan44 dit :

    Et bien je rejoins la plupart de vos commentaire et suis en mesure d’apporter quelques remarques après une utilisation de quelques semaines et environs 250 km au compteur. Mon utilisation en entrainement et sur un bloc de 80 km (2×40) dans le pays basque. Sur des terrains varié cailloux, boue, calcaire, chemin et bitume (oui un peu).
    Les + :
    – la stabilité au top grâce au sangles latérales, on se sent en sécurité dans les descente et les devers
    – le dynamisme, la légèreté
    – l’amorti bien dosé sur l’avant du pied
    – la largeur de la toebox qui est supérieure au autres S-lab
    les – :
    – C’était ma chaussure UTMB à condition que nous ayons des terrains sec. Le gros défaut de cette chaussure est l’accroche sur terrain humide et dans la boue c’est une catastrophe.
    – Autre défaut les lacets qui deviennent hyper raides et n’assure plus un serrage homogène
    – la fragilité à 250 km le mesh se déchire et j’ai déjà des trous, tous mes collègues en ont et constate une durabilité trop faible…

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