JULBO, ENTREPRISE FAMILIALE À PORTÉE MONDIALE

Julbo : Une société française, perdue dans les profondeurs du Jura, qui prend son temps dans son développement, qui affiche une belle santé avec 29 millions de CA dont 40% à l’export… et surtout des produits de qualité pour les sports outdoor… Nous sommes allés à la rencontre de cette entreprise familiale, pour visiter l’usine et découvrir comment naissent les lunettes : de la conception à la fabrication. Non, les solaires et les masques ne sont décidemment pas des produits comme les autres…

 

 

Texte : Franck Oddoux

Photos : Franck Oddoux et Dom Daher/Julbo

 

Julbo visite usine - photo Franck Oddoux

 

L’usine Julbo, sise dans le Jura, à Longchaumois, rappelle ces usines historiques solidement implantées dans le terroir montagnard. On pense à feu le centre de production de skis Dynamic à Saint-Étienne de Saint-Geoirs (France) où les poules picoraient sur le parking, on ne peut s’empêcher d’évoquer aussi la moderne usine Diamir en Suisse dans un village pittoresque.

Pour accéder à Julbo, il faut passer des frontières, franchir des cols, des forets, veiller sa jauge d’essence et traverser des zones où le réseau téléphonique ne passe pas. Le massif du Jura est une citadelle, française sans doute, accolée à la Suisse (qui a son Jura Suisse aussi).

Historiquement, c’est la capitale de la lunetterie, même si depuis l’âge d’or, les délocalisations en Asie sont passées par là. Les plans sociaux ont déchiré un tissu économique pourtant florissant. Mais les ouvriers de Morez conservent un savoir faire unique, en matière de montures métal et d’injection plastique. Les centres de formation sont efficaces, ils s’appuient sur une tradition de précision. Le village de Longchaumois, pas très loin de Morez est le siège de Julbo.

 

Rapatriement de la production en Europe

La marque française a choisi de rapatrier peu à peu sa production d’Asie, de se réorganiser pour proposer des produits qui collent encore plus aux attentes du marché. Depuis les quinze dernières années, Julbo connait majoritairement une croissance à deux chiffres. La production à 75% est réalisée en Europe, entre le Jura et la Roumanie. Une commande en Chine demande trois mois de délais, avec le transport. Le marché intérieur se développant, le fournisseur asiatique fait des choix et la commande française passe après d’autres…

Avec l’organisation de la fabrication en Europe, Julbo gagne en réactivité, la production est réduite à 5 à 6 semaines, beaucoup de choses peuvent être modifiées. La direction Julbo peut agir vite sur les coloris qui marchent ou non à la vente, elle peut piloter ses ventes, gérer les fluctuations climatiques qui font que les lunettes se vendent ou pas, ré-approvisionner en janvier avant que la saison ne batte son plein…

Les moules des lunettes sont faits à Longchaumois, à l’atelier mécanique dans lequel flotte l’odeur entêtante de l’huile hydraulique et résonne du bruit des machines à commandes numériques dernier cri. C’est aussi le siège de la R&D, du design… Les moules, une fois les tests d’injection réalisés, sont ensuite envoyés en camion en Roumanie. En passant, même si cet argument n’est pas mis en avant par Julbo lors de la vente de ses produits, si l’on compare le bilan carbone d’une paire de lunette fabriquée en Chine et une autre en Roumanie, la différence de facteur est de 30 à 60 !

 

 

Technicité et contrôles qualité

Les lunettes, que ce soit des solaires ou un masque, ont tendance à être considérées comme des accessoires, c’est d’ailleurs dans ce type de rayons « accessoires » qu’on les trouve en magasin. Pourtant, ce sont des produits très techniques, difficiles à fabriquer et dont les missions sont multiples : protection contre les UV, contre les chocs (branches, projections), le vent… Tous les produits doivent bien entendu répondre à des normes mais certains, que l’on trouve en vente libre, prennent un peu certaines libertés avec elles. Chez Julbo, on maitrise à la fois la fabrication et les contrôles qualité. Et là, ça devient un peu technique. Pour résumer à grands traits, on peut trouver sur le marché des verres en verre, matériau dur, cassable, lourd mais sans quasiment de distorsion optique.

Puis on a des verres en plastique, en injecté, légers, plus solides que les verres, mais qui au moment de l’injection peuvent avoir des défauts.

Chez Julbo, pour avoir les qualités des deux types de verres, on utilise le verre « NXT» (que l’on retrouve sur les modèles Zébra, Zébra light…). Il est obtenu à partir d’un coulage à froid. Ce n’est pas de l’injection ni du verre : c’est un compromis entre les deux. Avec tous les avantages : il est incassable et ne présente pas les défauts de l’injecté. Des traitements de polychromie, anti-buée peuvent être ajoutés. Julbo a été la première marque à utiliser le verre NXT, depuis les plus grandes marques font confiance à ce matériau.

 

 

Centrage des verres…

En usine, le centrage optique des lunettes est réalisé avec minutie, une étape longue mais indispensable. En gros, le centre optique du verre doit correspondre au centre optique de l’œil, l’écart pupillaire. Chaque type de verre est gradué de 4 à 12 en fonction de sa courbure. Le verre, selon qu’il appartienne à telle ou telle catégorie, présente un décentrement : il a un côté plus épais que l’autre car la monture est elle aussi galbée et il faut apporter une correction afin d’y voir correctement. L’opération consiste donc à recentrer cet axe optique.

Idem pour les deux verres polarisants d’une paire de lunettes dont les axes doivent être dans le même sens. Sinon on a : maux de tête, déformations visuelles, inconfort visuel… tous les symptômes que l’on peut parfois observer sur des produits bradés sur les marchés… Là encore, chaque série de produits Julbo est contrôlée sur un banc optique.

Julbo est reconnu pour sa qualité optique, plus d’un million de ses produits est vendu dans le monde, en comptant les casques.

 

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Le futur masque à correction optique…

Les masques, toutes marques confondues, échappent pour le moment à la correction optique, comme c’est le cas pour les solaires qui peuvent être adaptées à sa propre vue. Pourquoi pas les masques ? Car il faut intégrer un verre derrière le masque. Le principe du masque est celui du double écran : un écran, puis la lame d’air et le deuxième écran. La difficulté est que, souvent, le premier écran est façonné et le deuxième est thermoformé. Donc il faut rajouter le verre à l’intérieur. Julbo travaille dessus, ils en sont à la phase d’essais… mais il reste encore certaines mises au point avant de lancer un produit.

En sport, a fortiori pour les activités qui vont vite (ski, VTT…), plus la correction est importante et plus la transmission de l’information (à partir du regard) est essentielle. Dans la vision, il y a deux aspects fondamentaux. La vision centrale : ce sont les détails. La vision périphérique concerne les mouvements et ce qui nous entoure. Quelqu’un qui n’est pas corrigé en vision centrale (et qui le nécessite) va avoir une perte perception, de vision stéréoscopique de la distance et des reliefs. Donc au final, c’est toujours mieux de porter une paire de lunettes solaires adaptées à sa vue qu’un masque non corrigé.

 

 

 

Gadgets : les lunettes connectées.

Nous avons demandé à Benjamin Thaller, directeur marketing ce qu’il pensait des produits connectés, notamment des masques. Est-ce l’avenir ? Julbo travaille t’-il dessus ? : «Je suis personnellement toujours avide de nouveautés et de tendances. Il ne faut pas louper des évolutions majeures, j’ai donc suivi de près tous les nouveaux devices qui sont sortis, notamment la technologie de Recon, on était même en contact avec eux. Heureusement que nous n’avons pas poursuivi dans cette voie, car ça aurait été un échec. En 2011, pourtant, six marques de lunettes avaient déjà adopté cette technologie qui permettait entre autres de mesurer la hauteur de ses sauts à ski. Mais depuis quand on mesure ses sauts ? La fonction première d’un masque est la protection, de mieux voir. Le client n’achète pas un écran d’ordinateur rempli de données. Mesurer un saut ne rime à rien : un saut est beau ou non mais la mesure n’est pas importante. D’une sensation on veut en extraire une donnée, on se trompe. Je suis d’accord pour le vélo ou la randonnée à ski par exemple, les données sont importantes car parfois liées à la sécurité : il me reste tant de dénivelée à parcourir, le refuge est à telle altitude… Les questions de fond sont celles-ci : quel est l’usage final, à quoi ça sert ? Quel est le service dont j’ai besoin ? et quel est le device qui va le faire ? Sans doute mon smartphone… Des grosses marques ont vendu 3000 masques connectés dans le monde ce qui est ridicule. Il y avait une présence appuyée de ces produits digitaux dans les magasins, dans les magazines, partout, mais ça ne s’est pas vendu, depuis on n’en parle plus… »

 

 

 

A retenir :

 

  • L’échelle des indices de protection va jusqu’au niveau 4.

Classe 1 : Verre légèrement teinté, ne doit pas être utilisé en cas de forte luminosité.

Classe 2 : Verre moyennement teinté. Pour ensoleillement moyen.

Classe 3 : Verre foncé. Pour forte luminosité : mer, plage, sports d’hiver.

Classe 4 : Verre très foncé. Pour luminosité solaire extrême : exposition sur glacier, haute altitude. Interdiction formelle de les utiliser pour conduire.

 

 

  • les verres sont classés de 4 à 12 selon leur galbe
  • un masque n’a pas besoin de centrage optique car il n’utilise pas les mêmes géométries et les mêmes épaisseur qu’un verre de solaires.
  • Pour nettoyer un masque équipé d’un traitement antibuée, il faut utiliser que de l’eau qui réactive les molécules de l’antibuée.
  • Certains masques possèdent des antibuée cicatrisants qui régénèrent l’écran qui ont de petites rayures.
  • Dans la vision, il y deux aspects fondamentaux. La vision centrale : ce sont les détails. La vision périphérique concerne les mouvements et ce qui nous entoure.

 

 

Transamericana avec Rickey Gates



À une époque d'incertitude politique et de montée des différences, le coureur américain d'ultra-trail Rickey Gates part à pied à travers l'Amérique. En plein milieu des élections présidentielles de 2016, qui ont vu le candidat républicain Donald Trump remporter la victoire, Rickey Gates s'est rendu compte que l'Amérique qu'il connaissait n'était pas nécessairement la véritable Amérique. Intrigué et curieux, Gates décide de partir et d'aller voir par lui-même ce qu'il en est, afin d'essayer de comprendre ses compatriotes. Au départ de l'océan Atlantique en Caroline du Sud, le voyage de Gates lui prend 5 mois et près de 6 000 km jusqu'à l'océan Pacifique à San Francisco, en Californie. Ce qui commence comme une quête de la véritable Amérique, pendant une période de troubles politiques, devient finalement une histoire d'identité à mesure que Gates commence à trouver de la clarté et du sens dans sa propre vie.













































































































































































































































































































































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