XTERRA TAHITI NUI !*

Le Xterra Tahiti se dispute sur l’île de Moorea au parfum de paradis. Mauricio Mendez, le jeune champion du monde de la discipline est venu pour rafler une fois de plus une victoire. Avec Ben Allen, Sam Osborn, Christophe Betard et Cédric Wane sérieusement décidés à ne pas le laisser faire. Pourtant, au jardin d’Eden, rien ne s’est passé comme prévu…

* Xterra Tahiti Nui : le Xterra Tahiti est grand !

Texte et photos : Franck Oddoux

 

Plage d’Opunohu : les Xterriens, les pieds dans le sable noir de la plage reçoivent la bénédiction d’un homme coiffé d’une couronne végétale, dont le corps s’agite dans une tenue bigarrée. La cérémonie tahitienne est rythmée par le son grave d’une conque jouée par un solide gaillard tatoué. Sur la première ligne, l’air recueillie, une partie de l’élite Xterra a fait le déplacement pour en découdre sur ce qui est sans doute l’un des plus beaux parcours du circuit mondial. Au centre, le gamin à l’air enjoué, c’est Mauricio Mendez, le jeune prodige de 21 ans, l’actuel champion du monde Xterra, couronné l’an dernier à Maui. Mexicain d’origine, il a commencé à briller à l’âge de 13 ans sur ce type de parcours. Aujourd’hui, il met tout le monde d’accord grâce à une maîtrise, une facilité et une fougue world classe. Les autres clients ne sont pas là pour s’en laisser compter par un jeunot : on retrouve aux avant-postes l’australien Ben Allen numéro trois mondial, le Néo-Zélandais Sam Osborne et sa compagne Jacqui Slack (GBR) qui truste aussi les podiums. On repère vite le français Christophe Betard à sa longue barbe. Le champion du monde amateur en 2015 sait qu’il devra déployer tous ses talents de vététiste pour essayer de canaliser tous les prétendants au titre. Il faudra surveiller aussi Cédric Wane qui joue à domicile, il connaît les parcours par cœur et c’est un solide. La tension dans l’air est palpable, la joute va être acharnée.

 

Mauricio Mendez out

Tous les compétiteurs embarquent dans des bateaux pour rejoindre le milieu de la magnifique baie d’Opunohu qui jouxte celle de Cook. Opunohu est connue pour être la nurserie des requins citron. A l’heure de plonger dans les eaux cristallines, c’est sans doute une info à remiser. Pirogues traditionnelles et stand paddle entourent les nageurs. Le Xterra est raccord avec la culture tahitienne de l’Océan : les enfants deviennent watermen, naturellement. L’eau, la nage, le surf, la rame sont un sel dont ils ne peuvent se passer. Un équilibre, une osmose entre un peuple et l’océan : cette phrase sonne comme un slogan publicitaire mais c’est pourtant un pur reflet de la réalité. Quasiment dès la ligne de départ franchie, un petit groupe de nageurs se détache et mène la danse à un rythme soutenu. La torpille Ben Allen sort de l’eau la première, collée par Sam Osborne et Mauricio Mendez qui attend son heure pour porter son attaque. Le mexicain rentre malheureusement au stand plus tôt que prévu à cause de la casse de son pédalier : le choc avec un rocher est fatal. La rage au ventre, il voit s’envoler tout espoir de podium. Il se vengera le lendemain en s’alignant sur le trail de Papeete de 44 kilomètres qu’il remportera avec une maestria incroyable en tombant le record de la traversée et surtout devant Guillaume Peretti, un cador venu spécialement de métropole pour accrocher la victoire. Rappelons que Guillaume est tout simplement l’ancien tombeur du record de la traversée du GR 20 en Corse de l’icône Killian Jornet. Excusez du peu.

 

 

Mano à Mano incroyable !

Mauricio Mendez est out. Sam Osborn et Ben Allen font le spectacle. Ils se marquent à la culotte. Un mano à mano incroyable : dans la même seconde en natation et temps identique en VTT. Mais l’exploit vient finalement de Christophe Betard, sorti 21ème de l’eau, auteur d’une transition très moyenne (47 secondes au stands alors que les deux leaders n’y sont restés que 29 secondes), le vosgien met les pédales doubles et vole en descente pour remonter à la troisième place en vélo. Mais Osborn prend l’avantage en trail running et grappille un peu plus d’une minute sur Allen. Les jeux sont faits, le podium revient à Sam Osborn. Christophe Betard est troisième. Cédric Wane n’est pas loin avec une superbe quatrième place. Chez les filles, Jacqui Allen a écrasé la course avec des chronos que bien des triathlètes homme lui envient.

 

 

Bienvenue au jardin d’Eden

Le Xterra Tahiti se déroule sur l’île de Moorea, un coin de paradis. Là encore, ces mots pourraient sortir de la bouche d’un publicitaire désireux de vendre son produit. Ce n’est pas le cas, Moorea est une perle pour les sports outdoor : VTT, trail running, voici pour le côté terre. Du côté de l’océan, on nage dans un bonheur indilué : stand up paddle, natation, surf, pirogue, kite surf, windsurf… Les reefs, les lagons sont des aquariums. La nage se fait aussi en eaux libres, les requins sont bien entendu présents mais les risques tout à fait limités contrairement à la Réunion où la situation a dégénéré à cause de la réserve naturelle (prolifération des requins Bouledogues). Le tracé VTT du Xterra est esthétiquement l’un des plus beaux du circuit. Peu technique, il est très roulant et s’enfonce dans la caldera d’un ancien volcan. Les pistes, les single tracks se faufilent entre les cultures d’ananas, de citrons, de pamplemousses : de vrais jardins d’Eden. Pas de fausse note non plus pour le trail qui est un enchantement, notamment le Chemin des Ancêtres. On retient la montée des marches en forêt qui mène aux Marae, ces lieux où les anciens se rassemblaient, marqués par des amoncellements de pierres.

 

 

Culture polynésienne

On vient disputer le Xterra pour le chrono, pour espérer décrocher le graal, la fameuse qualification pour la finale des championnats du monde à Maui. Mais on vient à Tahiti pour cette culture polynésienne, cette gourmandise de l’existence. La beauté des paysages en a ensorcelé plus d’un. Partout des sourires, des discussions spontanées et franches, une fluidité dans les rapports humains oubliés dans nos villes repères. Et puis, il y a l’hospitalité : king size ! Les tahitiens ont un cœur gros comme ça ! Comment qualifier un pays où l’on appelle son mobile du doux nom de Vini, un petit oiseau qui gazouille… Comment détester une contrée où il n’y pas d’abris de bus, où il suffit de poser au bord de la route un amas de feuille avec une pierre dessus pour que le chauffeur comprenne qu’il faut s’arrêter et vous prendre… Simplicité, poésie, parfum de bonheur. Tahiti et Moorea ne se racontent pas, ils viennent se courir sur un Xterra par exemple, se partager avec les meilleurs ambassadeurs qui soient : les tahitiens.

Transamericana avec Rickey Gates



À une époque d'incertitude politique et de montée des différences, le coureur américain d'ultra-trail Rickey Gates part à pied à travers l'Amérique. En plein milieu des élections présidentielles de 2016, qui ont vu le candidat républicain Donald Trump remporter la victoire, Rickey Gates s'est rendu compte que l'Amérique qu'il connaissait n'était pas nécessairement la véritable Amérique. Intrigué et curieux, Gates décide de partir et d'aller voir par lui-même ce qu'il en est, afin d'essayer de comprendre ses compatriotes. Au départ de l'océan Atlantique en Caroline du Sud, le voyage de Gates lui prend 5 mois et près de 6 000 km jusqu'à l'océan Pacifique à San Francisco, en Californie. Ce qui commence comme une quête de la véritable Amérique, pendant une période de troubles politiques, devient finalement une histoire d'identité à mesure que Gates commence à trouver de la clarté et du sens dans sa propre vie.













































































































































































































































































































































FIRST CORE HOT DEAL
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